Description. Construire un concept sociologique, Lutter contre les violences policières n’est pas que le combat des Noirs et des Arabes, La Banlieue : géosymbole de l’exclusion sociale et urbaine, "Banlieusard et fier de l’être" : Kery James, ou le retournement "à vif" du stigmate spatio-symbolique. élève de l’École normale supérieure de Paris (ENS Ulm), diplômé du master d’histoire de l’École doctorale de Sciences Po, Élias Burgel, « "Banlieusard et fier de l’être" : Kery James, ou le retournement "à vif" du stigmate spatio-symbolique », Géoconfluences, 2017. Je me suis mis à l'écriture du scénario de Banlieusards en 2012, car ça fait bientôt 30 ans que je fais de la musique et j’avais envie d’essayer de nouvelles choses et de me lancer des … D’une manière générale, l’opposition entre les « deux France » qui structure l’œuvre du rappeur Kery James s’exprime donc de manière spatio-symbolique, en raison de la référence permanente((La plupart du temps, cette référence est indirecte puisqu’insinuée par le terme « banlieusard », dont la version extensive est le génitif « de banlieue ». J'ai hâte … Et moi, je serais de la deuxième France, celle de l’insécurité, Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies. Regarder en plein écran. 2005. Grignon, Claude et Passeron, Jean-Claude. Jérémy Robine insiste, de son côté, moins sur les effets de différenciation juridique engendrés par les politiques de la ville que sur les ambiguïtés sémantiques des objectifs mêmes assignés à ces politiques, en affirmant que « l’unité des banlieues à problèmes n’existe […] qu’au travers de cette représentation qu’elles pos[ent] et de l’existence d’une politique publique dédiée à sa résolution » (Robine, 2013, p. 132 ; Robine, 2016). Kery James a créé en décembre 2007 l’association A.C.E.S. Kery James - Banlieusards; Face B Face B 2 Kery James - Banlieusards (17,99/20) Upload le 24 August 2009 By @Reurti H-g22135 beats / 818 followers S'abonner / Follow. Le risque est toutefois grand de passer à côté des revendications identitaires qui se greffent sur la construction de ce stigmate spatio-symbolique, dans la mesure où toute construction identitaire oscille très largement, lorsqu’elle se cristallise (et donc prend racine), entre les deux pôles primordiaux de l’« assignation » et de la « reconnaissance », comme le rappelle Didier Fassin (Fassin, 2010)((Un troisième pôle étant celui de l’ « objectivation », dont il ne convient pas de parler dans un cadre aussi restreint. Les différences entre la France et les États-Unis, Les deux visages du ghetto. URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/eclairage/kery-james-banlieusard, Ressources de géographie pour les enseignants. )((Le cas de la médiatisation de l’« affaire Benzema » à l’automne et à l’hiver 2015 est, à cet égard, exemplaire (Beaud et Oualhaci, 2016).)). D’autre part, celles-ci n’hésitent plus à en faire une documentation de premier choix dans une perspective de sciences sociales, comme l’illustre par exemple la thèse de géographie, récemment soutenue, de Séverin Guillard (Guillard, 2016). (Noiriel, 2006. Audio. )), est considérée comme le strict décalque de l’antithèse dominants / dominés, en vertu d’une « spatialisation » (Tissot et Poupeau, 2005) flagrante et étroitement binaire des antagonismes sociaux, que ceux-ci soient économiques, religieux ou même, parfois, raciaux. 2011 [2e édition]. )), ((Comme le souligne Jérémy Robine : « La moitié des Français vivent [selon les statistiques de l’Insee] en banlieue. "Banlieusard et fier de l’être" : Kery James, ou le retournement "à vif" du stigmate spatio-symbolique, - École normale supérieure de Paris (ENS Ulm), ((Jouée au Théâtre du Rond-Point entre le 10 et le 28 janvier 2017, la pièce a été reconduite du 12 septembre au 1er octobre de la même année, en raison de son succès. « Ni race ni racisme. Elle s’accompagne de nombreux « effets de réel », qui s’appuient sur la figure du « lâcher de noms » (name dropping), c’est-à-dire la mention de toponymes réels, généralement dépréciés symboliquement.)) Comme le montre la devise « L’information par nous, pour tous », le projet vise à donner voix aux « banlieusards », cependant sans esprit de fermeture. La construction de ce référent spatial stéréotypé passe notamment par l’emploi de mots-stigmates, porteurs de connotations fortes comme « ghetto » ou « favela » (Wacquant, 1992 ; Vieillard-Baron, 1994)((Les démarches du géographe Hervé Vieillard-Baron et du sociologue Loïc Wacquant, conduites depuis plusieurs décennies dans leurs champs disciplinaires respectifs, peuvent être mise sur le même plan. Ainsi qu’invite à le faire l’auteur (Guillard, 2016, 2017), il conviendrait alors de compléter l’analyse de l’ « imaginaire géographique » de Kery James par celle de sa pratique des « scènes musicales » (ensembles de normes artistiques en vigueur dans un contexte social et dans un cadre spatial donnés), en étant notamment attentif à la spatialité de ses interventions artistiques. On n’est pas condamné à l’échec, voilà l’chant des combattants Banlieusard et fier de l’être, j’ai écrit l’hymne des battants Ceux qui n’font pas toujours ce qu’on attend d’eux Qui n’disent pas toujours c’que l’on veut entendre d’eux Parce que la vie est un … Genres. le live de "banlieusards" extrait du dvd disponible dans l'edition limitee de reel est a voir ici Suivre . ((Pour prendre un exemple récent, on peut penser à l’interprétation spatialisante qui fut très rapidement employée pour expliquer les attentats parisiens de janvier 2015. Alix Mathurin, dit Kery James, est un rappeur français, également réalisateur, scénariste et acteur, né le 28 décembre 1977 aux Abymes en Guadeloupe.Il est considéré par la presse spécialisée et le public comme une figure de proue du rap politique.Son œuvre évoque la vie en banlieue et les inégalités dans la France actuelle. Présentation de la pièce « À Vif » par le Théâtre du Rond-Point (Paris). 5:10. Kery James olympia-28 décembre 77. oussou75. 2015 [1989]. L’ “affaire Benzema” remise en perspective, L’ethnicisation du lien social dans les banlieues françaises, L’élection, la carte et le territoire : le succès en trompe-l’œil de la géographie, L’identité : une médiation essentielle du rapport espace / société, Le “problème des banlieues” après la désillusion de la rénovation, L’espace politico-médiatique de la rénovation urbaine, Le peuple et la “France périphérique” : la géographie au service d’une version culturaliste et essentialisée des classes populaires, Le rap, miroir déformant des relations raciales dans les villes des États-Unis, "Getting the city on lock" : imaginaires géographiques et stratégies d’authentification dans le rap en France et aux États-Unis, L’intensification du stigmate des “banlieues” lors du processus pénal. Par ailleurs, il tient à exprimer toute sa considération (et même, peut-être, son admiration) à l’égard de la démarche artistique et citoyenne de Kery James : s’accorder le temps et l’énergie d’une réflexion critique était, d’une certaine manière, le moyen de reconnaître le grand intérêt de son œuvre. 2014. Il arrive en France au milieu des années 1980 et grandit à Orly, dans le Val-de-Marne (94). Chansons de Kery James évoquées dans l’article. « Le rap français, un produit musical postcolonial ? «. 130).)). En retournant cette identité-stigmate à des fins militantes, le rappeur « fabriqu[e] un mythe mobilisateur renforçant l’image (fausse ?) Selon Loïc Wacquant, l’usage du terme « ghetto » pour décrire la situation des zones urbaines françaises les plus défavorisées depuis les années 1980 mêle ainsi « confusion conceptuelle et amnésie historique », puisqu’il conduit à mettre sur le même plan les résultats d'une « ségrégation involontaire », résultant en premier lieu d’inégalités économiques et de solidarités migratoires, et ceux d’une « ségrégation [raciale] volontaire » caractéristique du ghetto dans son acception restreinte (Wacquant, 2005, p.16-17). La thématique de l’agôn est la suivante : « L’État est-il le seul responsable dans la situation actuelle des banlieues en France ? Sources : présentation du livre chez Actes Sud ; capture d'écran du clip réalisé par Leïla Sy et Mathieu Foucher. Des auteurs s’attachent ainsi à souligner le rôle primordial de l’État dans la fabrique d’un stigmate spatio-symbolique « banlieusard », en critiquant tout particulièrement les « politiques de la ville » (Kirzbaum et al., 2015), accusées de renforcer le « problème des banlieues » ou « crise des banlieues » (Stébé, 2010) plutôt que d’y apporter des solutions objectives. Suivre. Tony. Son chemin croise celui de Lisa face à laquelle il débat sur la responsabilité de l’État dans la situation actuelle des banlieues lors de la finale d’un célèbre concours d’éloquence. )), ou encore par la convocation d’images-stigmates comme, par exemple, le grand ensemble. Ravier, Thomas. Les critiques des discours médiatiques, inspirées des travaux de Patrick Champagne (Champagne, 2015 [1990]), mettent tout d’abord en évidence la production durable d’un « lieu commun journalistique » ou « banlieue du 20 heures » à partir d’une ethnologie du travail journalistique (Berthaut, 2008 ; Berthaut, 2013 ; Sedel, 2013 ; Sedel, 2014) ou d’une analyse de corpus documentaires médiatiques (Rivière et Tissot, 2007 ; Gaudin, 2015). 8:15. Kery James-Banlieusard LIVE exclu. 132). 2013. KERY JAMES BANLIEUSARD. La diversité du vote des périurbains en 2012, Le mouvement homosexuel français face aux stratégies identitaires, La “banlieue” des journalistes : les dessous d’un lieu commun, Construire l’identité par la pratique des lieux, Penser l’espace comme dimension de la société. 2014. » (Costa-Lascoux, 2001, p. Les vidéos et les replay - Banlieusards sur France 3 - voir et revoir toutes les émissions et programmes de france-3 sur france.tv 1002. Il reste moins d'un mois avant la sortie du premier long-métrage de Kery James. Ce processus est bien connu puisque de nombreuses études, à mi-chemin de la sociologie critique et de la géographie sociale, insistent sur la construction du stigmate « banlieusard » comme identité assignée à distance, pour reprendre une expression prisée de la « socio-histoire » de Gérard Noiriel((S’inspirant de la sociologie de Norbert Élias, Gérard Noiriel s’intéresse aux « liens à distance » et aux « moyens d’action à distance » qui s’exercent entre les individus, par l’intermédiaire des médias ou des normes juridiques, par exemple. Le mélancolique. Synopsis : Trois frères issus d’une banlieue sensible de la région parisienne. Selon Loïc Wacquant, l’usage du terme « ghetto » pour décrire la situation des zones urbaines françaises les plus défavorisées depuis les années 1980 mêle ainsi « confusion conceptuelle et amnésie historique », puisqu’il conduit à mettre sur le même plan les résultats d'une « ségrégation involontaire », résultant en premier lieu d’inégalités économiques et de solidarités migratoires, et ceux d’une « ségrégation [raciale] volontaire » caractéristique du ghetto dans son acception restreinte (Wacquant, 2005, p.16-17). «. Ainsi la triade identitaire « noir, musulman, banlieusard », dont le rappeur se revendique avec fierté dans ce même morceau, est-elle tacitement considérée comme le contre-modèle, minoritaire et persécuté, d'un ensemble identitaire dominant au sein de la société française, l’espace constituant symboliquement la « dimension du social » (Veschambre, 2006) où s’exprime avec prédilection la séparation radicale entre « deux France ». | Intransigeant, déterminé, populaire mais pas tout à fait car pas assez consensuel, il est certainement le rappeur le plus aimé et le plus respecté en banlieue. depuis le mois d’avril de la même année, témoigne de la prégnance des réappropriations du référent identitaire « banlieusard », en dépit (mais aussi en raison même) de sa dépréciation, comme « support spatial symbolique » d’une construction identitaire (Brun, 2016 [1983], p. 62-63)((Réfléchissant, au début des années 1980, au concept de « territorialisation » dans le cadre du séminaire de la rue d’Ulm de Marcel Roncayolo, éminent spécialiste de géographie urbaine, son élève Jacques Brun (Brun, 2016 [1983]) évoque la possibilité que certaines « représentations collectives » d’un territoire soient conduites à « acquérir assez de force pour s’affranchir, à la limite, de leur base matérielle », au point que le « support spatial symbolique » de ces représentations devienne « territoire imaginaire ». du groupe territorialisé en tant que totalité unifiée, au-delà même de ses diversités et de ses clivages réels » (Di Méo, 2002, p. 178). / Est-ce que les Français ont les dirigeants qu’ils méritent? Kery James - Banlieusards (version longue) Romain. Vidéos à découvrir. Lecture hors ligne. Le spectateur est invité, de manière fort séduisante (le jeu d’acteur étant, en particulier, très poignant, à mi-chemin des codes du théâtre et de ceux de la battle de rap), à osciller entre la thèse et l’antithèse, sans qu’un arbitrage n’ait véritablement lieu – sans, surtout, que les termes du débat ne soient analysés, que ce soit la notion d’ « État », confondue avec celle de dirigeants politiques, mais surtout l’expression « situation actuelle des banlieues en France », qui mêle considérations économiques, religieuses et raciales sur fond d’appartenance territoriale symbolique. Ce que racialiser veut dire », p. 147-172, Gintrac, Cécile et Mekdjian, Sarah. Cependant, lorsqu’on parle des “banlieues”, ce ne sont pas eux que l’on évoque […]. Paroles de la chanson Banlieusards par Kery James officiel. Vieillard-Baron, Hervé. Recherche. … La pièce, qui a également été représentée dans toute l’Île-de-France et dans le reste du pays, vient de connaître une édition chez Actes Sud (Kery James, 2017).)). BLUES. franceinfo. Dans ce contexte, Kery James évoque son parcours personnel, en usant d’images frappantes pour décrire une contre-société, en guérilla larvée dans des territoires abandonnés par la Nation : « On ne s’intègre pas dans le rejet, Banlieusards Kery James. On n'est pas condamne à l'échec, voilà l'chant des combattants Banlieusard et fier de l'être, j'ai écrit l'hymne des battants Ceux qui n'font pas toujours ce qu'on attend d'eux Qui n'disent pas toujours c'que l'on veut entendre d'eux Parce que la vie est un combat pour ceux … En effet, si la dimension foncièrement militante du retournement du stigmate spatio-symbolique par Kery James ne saurait faire de doute((Ce « renversement positif des identités infâmantes », qui permet de « valoriser l’identité à l’origine de l’exclusion [pour] donner un contenu positif à cette spécificité », tout en favorisant la mobilisation et la formation d’une conscience de groupe (Roussel 1995), a été particulièrement bien analysé pour le mouvement LGBT (Broqua 2006). Courte video d'un "live" de kery james.