Au récit, à la nar­ra­tion, qui est si absente de la poé­sie d’aujourd’hui. -Cette dimension insaisissable est complétée par l’indétermination dans l’identité de cette femme : d’abord désignée sous la forme d’une périphrase « celle qui m’est apparue » / Reprise pronominale qui émaille tout le poème avec la répétition de «  Elle » sans que la référence de ce pronom soit établie. Il ne cesse de se dédire, par le ton, de ce qu’il dit, et ces lignes finissent par être rava­geuses. Tout est là. Tout pareil au pre­mier. Aux yeux du souvenir que le monde est petit ! L’ensemble du poème va lui oppo­ser la logique d’un impla­cable démen­ti. : le double intensif « si » l.2 = «  si rarement » et «  si vite » = difficulté de représenter celle qu’il n’a qu’entrevue. Premier para­graphe : aus­si éton­nant que cela soit de la part de Baudelaire,  il dit un état de satis­fac­tion. Difficulté mise en valeur par la modalité exclamative ainsi que par la structure intensive « Comme » qui insiste sur l’éloignement temporel de cette entrevue. D’où l’envergure du poème : on s’y trou­ve­ra bien­tôt entre vie et mort : sans nour­ri­ture pour sus­ten­ter la faim, il faut mou­rir, si bien que se trouve radi­ca­li­sée la ques­tion du désir, – sans comp­ter que cette cris­tal­li­sa­tion du désir en géné­ral sur la faim, et sur une tranche de pain deve­nue du gâteau, met au jour de façon par­ti­cu­liè­re­ment expo­sée, – sur­ex­po­sée -, la char­nière qui unit le désir et la littérature. Cette idée que le moi est modelable, imitateur de tous ceux qu'il admire, a obsédé Baudelaire jusqu'à la fin de sa vie. Il y a du reste encore un autre aspect du poème de Baudelaire pour me com­bler. Elle est considérée comme 1 citation très courte. -Cette célébration esthétique s’accompagne d’un parallèle qui est fait avec la lune : « Mais elle fait plus volontiers penser à la lune ». Pire encore : plus  d’enfance, puisqu’ils sont  deve­nus de petits hommes.  de cette femme : d’abord désignée sous la forme d’une périphrase « celle qui m’est apparue » / Reprise pronominale qui émaille tout le poème avec la répétition de «  Elle » sans que la référence de ce pronom soit établie. © 2017 Tous droits réservés | Recours au poème | Revue numérique de poésie | ISSN 2269-0298, Autour de Baudelaire (3). Ecrire la faim… L’un des poèmes du Spleen de Paris de Baudelaire a pour titre “le Gâteau”, et il a pour objet d’évoquer la faim et, par contraste, la satié­té. Quant à la des­crip­tion de leur lutte, elle est épique, – le poème dit hideuse. Dans « Le Gâteau Â», les deux enfants se dis­putent leur pain jusqu’à ce qu’il s’éparpille en miettes et même en miettes sem­blables aux grains de sable aux­quels il était mêlé. Selon Baudelaire le vers n’a pas à être totalement compris, est aussi reçu par le lecteur comme une suggestion sonore, le lecteur doit se laisser porter par la puissance sonore, le pouvoir suggestif des mots, comme une formule magique qui en elle-même n’a pas de sens. -Cette dimension insaisissable est complétée par. A l’inverse du voya­geur, lui connaît le mal. Comme Baudelaire, Rimbaud le savait. Ridicule, à savoir un seul adjec­tif, aura suf­fi à annon­cer la décep­tion  qui sui­vra. Il ne me semble pas cepen­dant que ce soit dans la manière de Baudelaire. Comme les petits pauvres dési­raient pour se sus­ten­ter du pain, il découvre le désir de dési­rer. Ce pour­rait être un pays sim­ple­ment superbe, mais j’y enten­drais alors la redite du pre­mier para­graphe. Poèmes sur le désir. Le rôdeur parisien est en proie à ce grand désert d'hommes qu'est la capitale, qui le conduit à croiser ces espèces de figures spectrales ou allégoriques de la modernité que sont la petite vieille, le vitrier, le joueur d'orgue de Barbarie. Se défendre de la per­fec­tion mor­ti­fère de sa maî­tresse par­faite, autre com­bat mor­tel, l’avait donc en droite logique obli­gé à la tuer. Dans cette pers­pec­tive, deux mots sont dotés d’une sorte de rayon­ne­ment rétros­pec­tif : ce sont superbe et fra­tri­cide. Bref, Rousseau est bien là et il fau­drait bai­gner avec lui, selon la pen­sée que Baudelaire lui prête, dans une har­mo­nie inno­cente, à ceci près qu’on ne peut oublier com­bien le poète, qui met si sou­vent le doigt sur ce qui relève de la scis­sion inté­rieure, se défie de l’innocence. Semblable luci­di­té indique certes que les délices ne sont pas dura­ble­ment de mise dans la nar­ra­tion, qui ne peut les sup­por­ter long­temps. Il faut assu­ré­ment en déduire, et l’âge des enfants en témoigne, que l’homme n’est ni bon ni né bon. Serait-ce encore que ce manque qui man­que­rait aux dieux d’Homère est une chance, et que cette chance est la défi­ni­tion d’une voca­tion d’être homme ? que le monde est grand à la clarté des lampes ! Plus de double lan­gage alors. Mais elle en agran­dit le champ d’autant. — Hélas! Pronom démonstratif « celle-ci » dans le dernier paragraphe : elle appartient au groupe général des « femmes », ce qui renforce la difficulté à la préciser. La musique Dans ce poème hétérométrique, la musique, à l’instar de la peinture, devient pour Baudelaire un moyen d’échapper au spleen, et de réaliser un voyage intérieur. Je ne peux ni ne veux entendre ici un rap­pel du  pay­sage du pre­mier para­graphe, mais un retour­ne­ment en grand de la vision. Pronom démonstratif « celle-ci » dans le dernier paragraphe : elle appartient au groupe général des « femmes », ce qui renforce la difficulté à la préciser. Le Bel amour (21). Elle en scrute même non seule­ment les élans, mais les retom­bées et les pannes, qui la mettent par­fois elle-même en panne jusqu’à se repré­sen­ter elle-même, ain­si chez Paul Celan, dans sa ten­sion vers la parole. Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. Le per­son­nage a-t-il faim ? Le mot « confession » ravalé à la scatologie, en dit long sur le désir de blasphème chez Baudelaire. Baruch Spinoza. Rencontres avec l'autre, avec Dieu, entre les sexes. tout est abîme, — action, désir, rêve, Parole! -Cette femme est célébrée et le poète déploie les ressources du registre de l’éloge : répétition de l’adjectif «  belle » avec la tournure superlative « plus que belle » / adjectif «  petit » l.15 qui a une valeur esthétique mais aussi hypocoristique / « grâce inexprimable » = tournure méliorative / métaphore «  superbe fleur éclose » qui est une célébration de sa beauté. Ainsi c’est une lune qualifiée négativement qui permet de décrire cette femme « sinistre », « enivrante », «  vaincue » et «  révoltée » Ce parallèle crée une dimension inquiétante chez cette femme, ce que confirme la place de la lune dans le recueil Le spleen de Paris. Il lui faut plus d’invention. L’image du désir féminin et en particulier de la lesbienne semble donc dysphorique. Plus encore, sa plas­ti­ci­té étant infi­nie, elle ne se prive pas ce fai­sant de mettre en juge­ment les dési­rs qu’elle met en scène. Il s’agit içi du poème en prose numéro 36 intitulé Le désir de peintre. Ton moindre désir Qu’ils viennent du bout du monde. Son désir fut l'universel.Qu'ilait le droit de s'yeffacer, comme une musique, de disparaître dans la nuée. Comme dans le Rimbaud d’ Â« Aube Â» ou de « Veillées Â», la figu­ra­tion du meilleur est bif­fée, le rêve quit­té, le réveil tou­jours dur. Vers le paradis de mes rêves ! Plusieurs figures de style permettent d'entrevoir cet aspect du poème: «Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides» L’alternative, selon ses propres mots, était de vaincre ou mou­rir. Pour com­men­cer, le texte joue. Loin de reve­nir sur ce qui a Ã©té dit, le mot inau­gure en effet le fran­chis­se­ment d’un seuil. Liée au désir, et, pour autant, à l’inaccompli autant qu’à un espoir de  dénoue­ment qui convienne, la lit­té­ra­ture se fonde sur ce que j’ai appe­lé ailleurs le désir en souf­france. Et il y a plus à dire, parce qu’il y a à racon­ter pré­ci­sé­ment ce que l’on fera pour appro­cher son objet, – ain­si la lutte des deux enfants, tan­dis que la satis­fac­tion qui mène­rait au sur­place lais­se­rait sans voix, ain­si, encore l’immobilité du voya­geur sur son som­met et l’ironie qui l’accompagne. . On note­ra sim­ple­ment qu’afin que le motif en soit clair, le poète s’abstient de ne plus rien dire des sen­ti­ments de son  pro­ta­go­niste, si ce n’est son amu­se­ment et son rire devant la trans­for­ma­tion du pain qui lui paraît pit­to­resque. Cette femme appartient à un groupe, mais il est difficile de la singulariser, de la décrire avec précision. Difficulté mise en valeur par la modalité exclamative ainsi que par la structure intensive « Comme » qui insiste sur l’éloignement temporel de cette entrevue. ... Je la comparerais à un soleil noir, si l’on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur. N°203 – été 2020 - Les débuts de Recours au poème. Quant au nar­ra­teur, y gagne­ra-t-il ou non son droit au désir ? Et ce qu’il y a de sûr, en ce qui concerne le désir baudelairien, c’est qu’il est de nature autant défective que déceptive. C’est le pre­mier des retour­ne­ments opérés. C’est peut-être ce que pose aus­si « Le Gâteau Â». Cherchez cette citation sur Google Livre. Dans « Portrait de maî­tresses Â», un homme dit avoir tué la sienne parce que, à la lettre et comme dit pré­ci­sé­ment la langue, elle ne lui lais­sait rien à dési­rer. Cette femme est célébrée et le poète déploie les ressources du registre de l’éloge : répétition de l’adjectif «  belle » avec la tournure superlative « plus que belle » / adjectif «  petit » l.15 qui a une valeur esthétique mais aussi hypocoristique / « grâce inexprimable » = tournure méliorative / métaphore «  superbe fleur éclose » qui est une célébration de sa beauté. -L’isotopie de la lumière vient contraster celle de l’obscurité : «  scintille vaguement » mais l’adverbe «  vaguement » vient modaliser, atténuer cette lueur. Le dégoût de la société est un thème récurrent dans le poème, il est désigné implicitement comme étant un agent causal du désir d'évasion et du Spleen. Structure répétée aux lignes 10 et 13 : «  non pas la lune … mais la lune » = femme qui correspond à une lune. Le désir de peindre ANALYSE 30.12.2010 13:39 Intro: Voici le texte „Le Désir de peindre“ de Charles Baudelaire. Theodore Zeldin. Plus d’intelligence aussi. V, Lecture analytique : La demande en mariage de l’Etranger (Albert Camus), Lecture Analytique Du Pere Goriot Description De La Pension Vauquert, Lecture analytique : « Le Mal » - Les Cahiers de Douai - Rimbaud, Lecture Analytique du roman La Peau De Chagrin de Honoré de Balzac; Partie « L'agonie », Lecture Analytique n°1 Le Mariage De Figaro Beaumarchais 1784, Lecture Analytique " Les Deux Amis " Jean De La Fontaine, Lecture Analytique L'invitation Au Voyage De Baudelaire, Lecture Analytique : " le désir De Peindre " De Baudelaire, Lecture analytique N°1 L'école des femmes IV,2 ( extrait ) moliere, Étude du poème le désir de peindre de Charles Baudelaire, Lecture analytique 5: Voyage au bout de la nuit, Lecture analytique : Un hémisphère dans une chevelure, Charles Baudelaire, Lecture Analytique Les Animaux De La Peste, LECTURE ANALYTIQUE ACTE 3 SCENE 5 LE MARIAGE DE FIGARO, Lecture analytique phedre de racine oenone aimez vous. La convoi­tise du petit pauvre est indi­quée d’un trait aus­si ferme que la satié­té du nar­ra­teur. C’est que la faim et le désir dont le carac­tère est d’être vital du fait de leur lien à la vie et à la mort,  ont une inten­si­té supé­rieure à tous les autres liens, y com­pris ceux de gémel­li­té. Plus per­ni­cieux qu’on n’eût pu le pen­ser, le poème bifurque. Jean-Honoré Fragonard, Le Baiser à la dérobée, 1788. Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Le Désir de peindre Malheureux peut-être l’homme, mais heureux l’artiste que le désir déchire ! – Les soleils couchants Revêtent les champs, Les canaux, la ville entière, D’hyacinthe et d’or ; Le monde s’endort Dans une chaude lumière. "Le Désir de peindre," by Charles Baudelaire annotated by Maureen Jameson. Autre chose. Uniquement disponible sur LaDissertation.com, Lecture Analytique. , cet épisode, qui est une mise en scène mythologique de l’éclipse lunaire, narrativise le contraste entre lumière et obscurité.