Le grave est que « l’Europe » est moralement, spirituellement indéfendable. Antoine Vitez a su insuffler à la lecture qu'il a donnée en 1989 du Discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire la rigueur rageuse de ce réquisitoire sans haine ni pathos, imprégné d'humour et d'amour. Ici représenté par le chiffonnier. Et pas une minute, il ne vient à l’esprit de M. Caillois que les musées dont il fait vanité, il eût mieux valu, à tout prendre, n’avoir pas eu besoin de les ouvrir ; que l’Europe eût mieux fait de tolérer à côté d’elle, bien vivantes, dynamiques et prospères, entières et non mutilées, les civilisations extra-européennes ; qu’il eût mieux valu les laisser se développer et s’accomplir que de nous en donner à admirer, dûment étiquetés, les membres épars, les membres morts ; qu’au demeurant, le musée par lui-même n’est rien ; qu’il ne veut rien dire, qu’il ne peut rien dire, là où la béate satisfaction de soi-même pourrit les yeux, là où le secret mépris des autres dessèche les cœurs, là où, avoué ou non, le racisme tarit la sympathie ; qu’il ne veut rien dire s’il n’est pas destiné qu’à fournir aux délices de l’amour-propre ; qu’après tout, l’honnête contemporain de saint Louis, qui combattait mais respectait l’Islam, avait meilleure chance de le connaître que nos contemporains même frottés de littérature ethnographique qui le méprisent. Les routes ! Allons donc ! Vous allez au Congo ? Mais, attention ! Editions PRÉSENCE AFRICAINE, 1955Tous droits réservés, [1] Le Discours sur le colonialisme … d’Aimé Césaire publié pour la première fois par Réclame, maison d’édition liée au Parti communiste français, le 7 juin 1950, avec une préface de Jacques Duclos. Il ignore la rivalité avec l’autorité paternelle, la « protestation virile », l’infériorité adlérienne, épreuves par lesquelles l’Européen doit passer et qui sont comme les formes civilisées... des rites d’initiation par lesquels on atteint à la virilité... », Que les subtilités du vocabulaire, que les nouveautés terminologiques ne vous effraient pas ! Les Vietnamiens, avant l’arrivée des Français dans leur pays, étaient gens de culture vieille, exquise et raffinée. C’est un cousin. En sorte que, si l’Europe occidentale ne prend d’elle-même, en Afrique, en Océanie, à Madagascar, c’est-à-dire aux portes de l’Afrique du Sud, aux Antilles, c’est-à-dire aux portes de l’Amérique, l’initiative d’une politique des nationalités, l’initiative d’une politique nouvelle fondée sur le respect des peuples et des cultures ; que dis-je ? Signe que la cruauté, le mensonge, la bassesse, la corruption ont merveilleusement mordu l’âme de la bourgeoisie européenne. Quelle générosité, mon Père ! les nègres ! Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viet-Nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. Bigre, mes chers collègues (comme on dit), je vous ôte mon chapeau (mon chapeau d’anthropophage, bien entendu). Discours sur le colonialisme (1950) #Europe; Sombre @sombre CC BY-SA. Encore une fois, je fais systématiquement l’apologie de nos vieilles civilisations nègres : c’étaient des civilisations courtoises. » Décidément, M. Caillois est en bonne compagnie. Aucune surprise possible. Ils étaient prêts, même à ce prix, ou plutôt à ce prix seulement, à renverser encore une fois leur attitude. Aimé Cesaire Discours sur le Colonialisme-1 **Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Savoir l’apparition du rationalisme ou sein de l’Islam à une époque où la pensée occidentale avait l’allure furieusement prélogique. Que si vous trouvez que le traitement appliqué à la névrose malgache a été un peu rude, M. Mannoni, qui a réponse à tout, vous prouvera que les fameuses brutalités dont on parle ont été très largement exagérées, que nous sommes là en pleine fiction... névrotique, que les tortures étaient des tortures imaginaires appliquées par des « bourreaux imaginaires ». Passant plus outre, je ne fais point mystère de penser qu’à l’heure actuelle, la barbarie de l’Europe occidentale est incroyablement haute, surpassée par une seule, de très loin, il est vrai, l’américaine. « Les bulls-dozers ! Et puis de Frobénius ! » Et nous voilà prêts à courir le grand risque yankee. L’idée du nègre barbare est une invention européenne. Monstruosité ? Aérolithe littéraire ? Le préjugé de race n’aurait-il jamais effleuré nos vaillantes populations du Sud-Ouest ? » Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies, de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne. M. Caillois n’a jamais mangé personne ! Je vois bien ce que la colonisation a détruit : les admirables civilisations indiennes et que ni Deterding, ni Royal Dutch, ni Standard Oil ne me consoleront jamais des Aztèques ni des lncas. Lisez ce Archives du BAC Commentaire de texte et plus de 247 000 autres dissertation. Les moralistes n’y peuvent rien. » Voilà où en est arrivée la bourgeoisie française, cinq ans après la défaite de Hitler ! Si toutefois la société future s’organise sur une base dualiste, avec une classe dolichoblonde dirigeante et une classe de race inférieure confinée dans la main-d’œuvre la plus grossière, il est possible que ce dernier rôle incombe à des éléments jaunes et noirs. Variante du décor, mais c’est bien du même monde, c’est bien du même homme qu’il s’agit, dur, inflexible, sans scrupules amateur, comme pas un, « de la viande d’autrui ». [2] Et si ces faits sont vrais, comme n’est au pouvoir de personne de le nier, dira-t-on, pour les minimiser, que ces cadavres ne prouvent rien ? En ce cas d’ailleurs, ils ne seraient pas une gêne, mais un avantage pour les dolicho-blonds... Il ne faut pas oublier que [l’esclavage] n’a rien de plus anormal que la domestication du cheval ou du bœuf. Seulement, attention ; il importe qu’il soit bien entendu que cette tolérance, nègres, Juifs, Australiens, la doivent, non à leurs mérites respectifs, mais à la magnanimité de M. Caillois, non à un diktat de la science, laquelle ne saurait offrir de vérités qu’éphémères, mais à un décret de la conscience de M. Caillois, laquelle ne saurait être qu’absolue ; que cette tolérance n’est conditionnée par rien, garantie par rien si ce n’est par ce que M. Caillois se doit à lui- même. Race serve et mensongère, dirait Kipling. De belles phrases solennelles et froides comme des bandelettes, on vous ligote le Malgache. On vous la prend, on vous l’habille, on vous l’emberlificote. De là à absoudre les colonialistes altérés de sang, il n’y a évidemment qu’un pas. Commentaire de texte: Discours Sur Le Colonialisme d'Aimé Césaire. CONTRE-COURANTVoici une émission qui va indéniablement vous demander un effort d’écoute. Ceux qui en font rubis sur l’ongle, n’y mettant jamais d’eau. DISCOURS SUR LE COLONIALISME CESAIRE PDF - 11 oct. From AAARGH catalog: Paris, Presence africaine, , 42 p. K A l'heure oa se reveille le mouvement noir. Texte intégral révisé suivi du Petit matin d'Aimé Césaire par René Despestre. Aimé Césaire : “Discours sur le colonialisme” Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. La voici : « On demande pourquoi la barbarie a débouché d’un seul coup dans la civilisation antique. Aimé Césaire (1903-2008), écrivain et poète martiniquais, publie en 1950 Discours sur le colonialisme, un pamphlet contre le colonialisme. Tant de sociétés, tant de langues éteintes, de cités, de droits, de foyers anéantis, firent le vide autour de Rome, et là où les barbares n’arrivaient pas, la barbarie naissait d’elle-même. 2009-2020 socialgerie Depuis la colonisation, la falsification ne cesse de tourmenter les noirs. La « psychologie » de M. Mannoni est aussi « désintéressée », aussi « libre », que la géographie de M. Gourou ou la théologie missionnaire du R. P.Tempels ! Il ne s’agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les amplifier et d’en faire une loi. Bidault avec son air d’hostie conchiée - l’anthropophagie papelarde et Sainte-Nitouche ; Teitgen, fils grabeleur en diable, l’Aliboron du décervelage - l’anthropophagie des Pandectes ; Moutet, l’anthropophagie maquignarde, la baguenaude ronflante et du beurre sur la tête ; Coste-Floret, l’anthropophagie faite ours mal léché et les pieds dans le plat. Pour M. Caillois, le véritable Lévy-Bruhl ne peut être que le Lévy- Bruhl où le primitif extravague. Ce rappel indispose la Banque d’Indochine. Ce qui nous vaut la note succulente que voic : « Pour moi, la question de l’égalité des races, des peuples, ou des cultures, n’a de sens que s’il s’agit d’une égalité de droit, non d’une égalité de fait. Aimé Césaire (1903-2008), écrivain et poète martiniquais, publie en 1950 Discours sur le colonialisme, un pamphlet contre le colonialisme. Qui parle ? « Le temps du vieux colonialisme est passé ». Intense motif de jubilation, n’est-il pas vrai ? File:Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme.jpg From Wikipedia, the free encyclopedia. De ceci que jamais l’Occident, dans le temps même où il se gargarise le plus du mot, n’a été plus éloigné de pouvoir assumer les exigences d’un humanisme vrai, de pouvoir vivre l’humanisme vrai - l’humanisme à la mesure du monde. C’est à ce malaise, à cette inquiétude, que M . On aura compris que la secrète raison de cette impossibilité est que la Basse-Egypte est proche de la Méditerranée, donc des populations blanches, tandis que la Haute-Egypte est proche du pays des nègres.À ce sujet, et pour les opposer à la thèse de Weigall, Il n’est pas sans intérêt de rappeler les vues de Scheinfurth (Au cœur de l’Afrique, t. 1) sur l’origine de la flore et de la faune de l’Egypte, qu’il situe « à des centaines de milles en amont du fleuve ». C'est après la Seconde Guerre Mondiale qu'Aimé Césaire publie Le Discours sur le colonialisme, où à l'époque se développe l'idée.. Ils savent que leurs « maîtres » provisoires mentent. À propos du Discours sur le colonialisme de Césaire Vendredi 17 Avril 2009 Césaire a été un élu communiste, un militant communiste durant une décennie, de 1945 à 1956. Je veux dire dont on ne réchappe pas tout à fait indemne. Et qui s’indigne d’entendre un certain R.P. en petit nombre - vers l’Amérique, et s’accoutument à voir en elle une possible libératrice. Était-il inutile de citer le colonel de Montagnac, un des conquérants de l’Algérie : « Pour chasser les idées qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes. Je vous avertis solennellement qu’à ce jeu, c’est votre carrière qui se joue. C’étaient des sociétés coopératives, des sociétés fraternelles. Vrai ou pas vrai ? Aller à : Navigation, rechercher Le Discours sur le colonialisme est un pamphlet anticolonialiste d'Aimé Césaire, paru aux éditions Réclame en 1950, puis dans Présence africaine en 1955. C’est le nazisme, ça passera ! Une dernière citation ; je l’emprunte à un certain Cari Siger, auteur d’un Essai sur la Colonisation [3] : « Les pays neufs sont un vaste champ ouvert aux activités individuelles, violentes, qui, dans les métropoles, se heurteraient à certains préjugés, à une conception sage et réglée de la vie, et qui, aux colonies, peuvent se développer plus librement et mieux affirmer, par suite, leur valeur. Logements confortables ! Tête du recteur ! Tempels, que l’éducateur blanc s’obstine à tuer dans l’homme noir son esprit humain propre, cette seule réalité qui nous empêche de le considérer comme un être inférieur ! Voire ! On l’ausculte, on la surprend, on la sent, on la suit, on la perd, on la retrouve, on la file et elle s’étale chaque jour plus nauséeuse. His interpretation flips the common narrative, in order to point out the autonomy that existed in colonizing foreign lands. Cette obligation est incompréhensible pour le Malgache. Avouez que c’est à bon compte ! Je répète que je ne parle ni de Hitler, ni du S.S., ni du pogrom, ni de l’exécution sommaire. Et dans cet ordre d’idées, je cite, à titre d’exemples (pris à dessein dans des disciplines très différentes) : Mais n’allons pas trop vite. Discours sur le colonialisme book. » Au second, de s’attaquer au faux évolutionnisme », en ce qu’il tente de supprimer la diversité des cultures, en le considérant comme des stades d’un développement unique qui, partant d’un même point, doit les faire converger vers le même but ». Discours d’hommage du président Sarkozy pour l’entrée d'Aimé Césaire au Panthéon. Elles étaient le fait, elles n’avaient aucune prétention à être l’idée, elles n’étaient, malgré leurs défauts, ni haïssables, ni condamnables. Chut ! Donc que leurs maîtres sont faibles. Paris, La Découverte, « TAP / Études coloniales », 2008, p. 159-192. Il est connu comme le grand poète de la « négritude ». Que seul l’Occident sait penser ; qu’aux limites du monde occidental commence le ténébreux royaume de la pensée primitive, laquelle, dominée par la notion de participation, incapable de logique, est le type même de la fausse pensée. Son Discours sur le colonialisme, publié en 1951, est un pamphlet et reste une référence dans l'histoire des idées du XXe siècle. En 1950, il publie Discours sur le colonialisme, texte qui oue un rôle considérable dans la prise de conscience des acteurs politiques et culturels de la décolonisation. Césaire first published the essay in 1950 in Paris with Éditions Réclame, a small publisher associated with the French Communist Party (PCF). Moi aussi, je parle d’abus, mais pour dire qu’aux anciens - très réels - on en a superposé d’autres - très détestables. C’est cette édition, souvent reprise sans changement, qui … Ces Malgaches, que l’on torture aujourd’hui, étaient, il y a moins d’un siècle, des poètes, des artistes, des administrateurs ? Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Aimé Césaire en 2003 Aimé Césaire (1913-…) homme politique martiniquais fut de 1946 à 1993 député à l’Assemblée nationale française. Il vaut la peine de suivre quelques-uns de ces messieurs. les Indiens massacrés, le monde musulman vidé de lui-même, le monde chinois pendant un bon siècle souillé et dénaturé ; le monde nègre disqualifié ; d’immenses voix à tout jamais éteintes ; des foyers dispersés au vent ; tout ce bousillage, tout ce gaspillage, l’humanité réduite au monologue et vous croyez que tout cela ne se paie pas ? Il ne m’indigne pas. J’entends la tempête. Et vous êtes quitte ! Des bronzes du Bénin ? Ici, M. Caillois n’a garde de se laisser abuser par le vain prestige de l’Orient. Discours sur le colonialisme (Aimé Césaire) Discours sur le colonialisme (Aimé Césaire) J'avoue n'avoir jamais tenu ce livre entre les mains quand j'étais élève ou étudiant. Je fais l’apologie systématique des sociétés détruites par l’impérialisme. Je sais que beaucoup d’entre vous, dégoûtés de l’Europe, de la grande dégueulasserie dont vous n’avez pas choisi d’être les témoins, se tournent - oh ! Aimé Césaire, dans cette édition, avait choisi de mettre en exergue, cette phrase du dirigeant communiste : « Le colonialisme, cette honte du XXe siècle ». Chaque jour qui passe, chaque déni de justice, chaque matraquage policier, chaque réclamation ouvrière noyée dans le sang, chaque scandale étouffé, chaque expédition punitive, chaque car de C.R.S., chaque policier et chaque milicien nous fait sentir le prix de nos vieilles sociétés. Et puis ça donne encore ceci :« Au point de vue sélectionniste, je regarderais comme fâcheux le très grand développement numérique des éléments jaunes et noirs qui seraient d’une élimination difficile. La pensée des Bantous étant ontologique, les Bantous ne demandent de satisfaction que d’ordre ontologique. ». [4] Pas mauvais diable au fond, come la suite l’a prouvé, mais déchaîné ce jour-là. Des valeurs inventées jadis par la bourgeoisie et qu’elle lança à travers le monde, l’une est celle de l’homme et de l’humanisme - et nous avons vu ce qu’elle est devenue - l’autre est celle de la nation. Acquista online Discours sur le colonialisme di Aimé Césaire in formato: Ebook nella sezione eBook su Mondadori Store L’essentiel est que M. Jules Romains en arrive à écrire ceci : « Je n’accepte la discussion qu’avec des gens qui consentent à faire l’hypothèse suivante : une France ayant sur son sol métropolitain dix millions de Noirs, dont cinq ou six millions dans la vallée de la Garonne. Cela n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde. », Et puis, plus bas, toujours plus bas, jusqu’au fond de la fosse, plus bas que ne peut descendre la pelle, M. Jules Romains, de l’Académie française et de la Revue des Deux Mondes (peu importe, bien entendu, que M. Farigoule change de nom une fois de plus -et se fasse, ici, appeler Salsette pour la commodité de la situation). Au fait, le dossier est accablant. Et le silence se fait profond comme un coffre-fort ! Ces Bantous sont de purs esprits, vous dis-je : « Ce qu’ils désirent avant tout et par-dessus tout, ce n’est pas l’amélioration de leur situation économique ou matérielle, mais bien la reconnaissance par le Blanc et son respect, pour leur dignité d’homme, pour leur pleine valeur humaine. ». Pas une goutte de sang ne sera perdue ! Visionnez un reportage sur le Congo-Océan et la mise en accusation de la France pour crime contre l’humanité. Et c’est le politicien verbeux. Pour ma part, si j’ai rappelé quelques détails de ces hideuses boucheries, ce n’est point par délectation morose, c’est parce que je pense que ces têtes d’hommes, ces récoltes d’oreilles, ces maisons brûlées, ces invasions gothiques, ce sang qui fume, ces villes qui s’évaporent au tranchant du glaive, on ne s’en débarrassera pas à si bon compte. », Convenait-il de refuser la parole au comte d’Herisson : « Il est vrai que nous rapportons un plein barils d’oreilles récoltées, paire à paire, sur les prisonniers, amis ou ennemis. Cet édifice social était soutenu par les nationalités comme par autant de colonnes différentes de marbre ou de porphyre. Et de fait, jamais, depuis l’Anglais de l’époque victorienne, personne ne promena à travers l’histoire une bonne conscience plus sereine et moins ennuagée de doute.Sa doctrine ? Elle a le mérite d’être simple. Commentaire de texte: Discours Sur Le Colonialisme d'Aimé Césaire. Or donc, M. Caillois à qui mission a été donnée de toute éternité d’enseigner à un siècle lâche et débraillé la rigueur de la pensée et la tenue du style, M. Caillois donc vient d’éprouver une grande colère. Read 220 reviews from the world's largest community for readers. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. Et c’est en cela précisément que réside son châtiment historique : d’être condamnée, y revenant comme par vice, à remâcher le vomi de Hitler. Nous ne sommes pas les hommes du « ou ceci ou cela ». Ce serait un crime de lèse-humanité, de la part du colonisateur, d’émanciper les races primitives de ce qui est valeureux, de ce qui constitue un noyau de vérité dans leur pensée traditionnelle, etc. Les mots, rien que les mots d'Aimé Césaire… Les mots prolongement de sa pensée visionnaire, forts, puissants, nécessaires et utiles plus que jamais à l'heure où la malfaisance régnante s'apprête à nous refermer la grille totalitaire du N.O.M. De la sculpture Shongo ? Ils ne la désirent pas, ils ne la revendiquent pas. Tête du ministre quand il lit cela ! Et puisque vous parlez d’usines et d’industries, ne voyez-vous pas, hystérique, en plein cœur de nos forêts ou de nos brousses, crachant ses escarbilles, la formidable usine, mais à larbins, la prodigieuse mécanisation, mais de l’homme, le gigantesque viol de ce que notre humanité de spoliés a su encore préserver d’intime, d’intact, de non souillé, la machine, oui, jamais vue la machine, mais a écraser, à broyer, à abrutir les peuples ? Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que, de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir une seule valeur humaine. J’allais oublier M. Roger Caillois . Lisez « Discours sur le colonialisme suivi du Petit matin d'Aimé Césaire » de Aimé Césaire disponible chez Rakuten Kobo. ». Culture ? Nul ne nie la véracité de Balzac. Pensez donc ! L’Indochine piétinée, broyée, assassinée, des tortures ramenées du fond du Moyen-Age ! Or donc, apprenez que la pensée bantoue est essentiellement ontologique ; que l’ontologie bantoue est fondée sur les notions véritablement essentielles de force vitale et de hiérarchie de forces vitales : que pour le Bantou enfin l’ordre ontologique qui définit le monde vient de Dieu [6] et, décret divin, doit être respecté... Admirable ! M. Mannoni diagnostique : « Le Malgache n’essaie même pas d’imaginer pareille situation d’abandon... Il ne désire ni autonomie personnelle ni libre responsabilité. On me parle de tyrans locaux mis à la raison ; mais je constate qu’en général ils font très bon ménage avec les nouveaux et que, de ceux-ci aux anciens et vice- versa, il s’est établi, au détriment des peuples, un circuit de bons services et de complicité. et c’était plaisir de voir ces gerbes de balles, si facilement dirigeables, s’abattre sur eux deux fois par minute, au commandement d’une manière méthodique et sûre... On en voyait d’absolument fous, qui se relevaient pris d’un vertige de courir... Ils faisaient un zig-zag et tout de travers cette course de la mort, se retroussant jusqu’aux reins d’une manière comique... et puis on s’amusait à compter les morts, etc.